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Discrète pendant les élections législatives hongroises pour éviter tout procès en ingérence, l’Union européenne doit maintenant soutenir le nouveau Premier ministre. Sans faille ni fausse pudeur. Et pas qu’avec un bouquet de félicitations ! Car Peter Magyar est bien plus que le tombeur de Viktor Orban, modèle des populistes nationalistes. Il est de facto devenu l’homme-test d’un possible retour en grâce de la démocratie libérale quand, partout en Europe, l’internationale des patriotes présente encore et toujours l’illibéralisme comme la seule voie face à « l’effacement civilisationnel ».
Une fois le soulagement passé, attention à ne pas gaspiller la victoire. Les Hongrois ont choisi. Sur les questions migratoires, sociétales, d’adhésion à l’UE ou d’aide à l’Ukraine, ils ont opté pour une certaine continuité qu’il faut respecter. Mais ils ont aussi rejeté, à une très large majorité, les abus constitutionnels et les immixtions étrangères. A Bruxelles désormais d’aider Peter Magyar à démontrer que sans Etat de droit, pas de limite à une corruption généralisée et à l’oppression des minorités, que sans solidarité européenne, pas de vraie protection contre la vassalisation promise par Donald Trump ou Vladimir Poutine.
Budapest doit donc le plus tôt possible recevoir les fonds européens gelés, par milliards d’euros. Avant que l’opposition ne se livre à une guérilla juridique. Avant qu’en Slovaquie, en République tchèque, mais aussi en Pologne, en France ou en Allemagne, les soutiens du Fidesz n’exploitent la moindre des défaillances – pour mieux cacher à quel point l’échec de Viktor Orban met à mal des années de propagande sur l’obsolescence de l’idée européenne. Habitués aux postures défensives, les Etats membres doivent démontrer leur capacité à défendre les intérêts nationaux de chacun dans un cadre commun. Beaucoup dépend de ce printemps hongrois.
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